Technocentre, Guyancourt, début d’année 2010. Renault est fier de nous
présenter la Wind. Ce petit roadster biplace a de bons arguments : design
plaisant, châssis de Clio 2 RS, équipement correct (quatre airbags, jantes en alliage, régulateur de vitesse, sièges sport et volant en cuir de série) et tarifs bien positionnés par rapport à la
concurrence (15 900 € pour une Wind TCe 100 contre 18 700 € pour une Fiat 500C 1.4 100 ch).
Mais le véritable attrait de la Wind c’est son couvre-chef. Il n’est pas escamotable comme chez Peugeot mais pivotant, à la manière d’une Ferrari 575 Superamerica. Cette solution présente de nombreux avantages : la cinématique est plus simple, plus compacte et donc moins lourde. Elle est aussi plus rapide (le toit se replie en 12 secondes, deux fois plus vite que celui de la Peugeot 207 CC) et le toit n’ampute pas le volume de coffre en mode décapoté.
Bref, la Renault Wind avait tous les ingrédients pour réussir sa carrière. Mais le public en a décidé autrement. Les chiffres parlent
d’eux-mêmes : Renault a vendu 1825 Wind sur le marché français en 2011, contre 4519 pour Peugeot et sa 207 CC. « La Wind n'a
pas rencontré son public », admet Jérôme Stoll, directeur des ventes chez Renault.
La Wind n'est pas dans le vent
La Wind aurait pu séduire… si elle comptait plus que deux places. Car l’absence de sièges à
l’arrière a forcément restreint la cible clientèle. Certes, la banquette
arrière de la Peugeot 207 CC n’est utilisable qu’en dépannage, mais elle a le mérite d’exister. « Ca rassure les clients de savoir qu’il y a des places à l’arrière », affirme un vendeur
de chez Peugeot.
En boudant le diesel, Renault s’est tiré une balle dans la roue. Car
dans un marché français où près de trois voitures sur quatre carburent au mazout, la Wind fait pâle mine avec ses moteurs à essence. En 2011, près de 60% des Peugeot 207 CC vendues en France
étaient badgées HDI…
L’avenir n’est pas rose pour la Wind. Elle a déjà quitté l’Espagne et l’Angleterre en début d’année 2012. En France, elle devrait
rester au catalogue au moins jusqu’à la fin de l’année. Mais après ? Jérôme Stoll n’est pas très optimiste : « L'avenir de la Wind n'est pas extraordinaire ». On connait la
suite…
Mazda MX-5 : deux places mais un vrai succès
Deux places, pas de moteur diesel : des caractéristiques qui n’ont pas réussi à la Renault Wind mais qui ont fait le succès de la Mazda MX-5. Mais la japonaise maîtrise mieux son sujet : son tempérament est sportif (transmission aux roues arrière et répartition des
masses quasi parfaite) et elle dégage une vraie personnalité.
Elle bénéficie en outre d’un soutien indéfectible de ses fans à travers le monde. Ce n’est pas pour rien si la Mazda MX-5 est aujourd’hui le roadster le plus vendu au monde, avec près d’un million d’exemplaires vendus en 23 ans de carrière.
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